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Vie active - Déchets - Positions
Le traitement des déchets est-il forcement inacceptable par la société ?
par Véronique Paternostre - 12 septembre 2007
Dans le cadre des Assises nationales françaises des déchets qui se tiendront fin septembre 2007 ; Inter-Environnement Wallonie répond à la question « Le traitement des déchets est-il forcement inacceptable par la société ? »

Présentation

Inter Environnement Wallonie est la fédération des 150 associations d’environnement actives en Région wallonne (Belgique). Elle existe depuis plus de 30 ans. Elle couvre des domaines aussi variés que le développement durable, l’énergie, l’aménagement du territoire, la mobilité, la santé-environnementale, l’eau, l’air, le sol et les déchets. Son travail est axé sur trois métiers : fédérer, lobbyer et mobiliser.

Fédérer consiste à établir des synergies entre nos associations membres, à établir des synergies entre ces associations et la fédération, à renforcer la compétence et la pertinence des actions des associations membres. Lobbyer consiste à interagir avec les représentants des pouvoirs politiques et administratifs en vue de faire progresser la vision de société qu’a IEW et ses membres, essentiellement sur le volet environnemental d’un développement plus durable. Quant à agiter les idées et mobiliser, cela consiste à se saisir d’idées sociétales innovantes, à les partager avec un plus grand nombre d’acteurs, et obtenir de ces derniers qu’ils posent eux aussi un geste, ou développent une opinion à leur propos. Il s’agit de stimuler la démocratie participative, et d’accélérer les évolutions de notre société.

IEW et les déchets

Nos associations membres intéressées par la problématique des déchets sont de deux types. D’une part ce sont des riverains confrontés à un projet d’installation ou au voisinage d’une installation de traitement/élimination de déchets et d’autre part ce sont des associations qui visent des comportements responsables (éco-consommation, actions de prévention, compostage à domicile). Le message de base de la fédération, en termes politiques, est sans conteste de prôner la nécessité – en tant que pierre angulaire d’une politique de déchets – de la prévention des déchets. Il s’agit de mettre en place des politiques qui visent à réduire la quantité de déchets produits en intégrant une réflexion sur la décroissance ou à tout le moins un découplage entre la croissance et la consommation des ressources naturelles et la production de déchets. Ensuite, il s’agit de privilégier les niveaux supérieurs de la hiérarchie à cinq niveaux de gestion des déchets à savoir, après la prévention qualitative et quantitative, le réemploi et le recyclage (contrôlé et certifié) d’un maximum de déchets avant la valorisation et l’élimination des déchets ultimes dans des installations « sûres » au niveau environnemental et sanitaire (émissions air/eau/sol).

Ce qui est inacceptable

Pour nos associations riveraines de projets d’installations ou d’installations existantes de traitement de déchets, ce qui est vécu comme inacceptable se situe à différents niveaux.

C’est le manque d’information, le sentiment de ne pas être correctement informé ; « on ne nous dit pas tout » sur le mode de fonctionnement, les contrôles, les normes à respecter et leur respect.

C’est l’impression d’injustice, de non suivi par les autorités de leurs réclamations, d’impunité pour les exploitants. Les habitants vivent l’installation au quotidien : ils voient, sentent des choses (flux de camions, odeurs variables, tas de déchets qui évoluent sur le site…). Il s’avère effectivement que les conditions d’exploiter ne sont pas toujours respectées, que des infractions se produisent et que celles-ci ne sont pas poursuivies : le problème des infractions environnementales reste prégnant et directement associé à des questions de transparence administrative.

C’est la notion de risque environnemental et sanitaire de plus en plus mis en avant pour ce type d’exploitation : d’anciens dépôts de déchets réapparaissent, des contaminations de sols sont mises à jour, des accidents mettent en évidence les rejets possibles et leurs effets potentiels sur la santé et l’environnement ; des études toxicologiques (et épidémiologiques) confirment des hypothèses et invitent au principe de précaution. La prévention qualitative (en évitant la production de déchets dangereux/toxiques) est une nécessité qui bénéficiera autant au personnel des installations de traitement de déchets qu’à l’environnement et la santé des riverains.

C’est enfin la peur de voir des installations surdimensionnées étant donné le renoncement des autorités publiques à obtenir de vrais résultats en matière de prévention. C’est vrai qu’il y a une obligation publique de gestion des déchets (salubrité publique). Mais développer des outils d’élimination de déchets - exutoires qui ont besoin de flux pour que l’investissement soit rentabilisé - sans véritablement se baser sur un plan de prévention ambitieux est d’office partir perdant ! On demande au citoyen d’être économe en déchets, de trier ses déchets… mais on a besoin de ceux-ci pour faire fonctionner les installations de traitement de déchets et les autorités ne développent pas d’outils efficaces pour pousser les producteurs à revoir le cycle de vie de leurs produits et leurs modes de distribution.

- Les lacunes en matière d’information, de transparence administrative, le défaut d’ambition en matière de prévention des déchets, des infractions qui perdurent en toute impunité, font le lit du Nimbysme. Ce qui ne facilite pas l’adhésion de la population aux politiques qui sont menées, et ne contribue pas à restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés. La population pourrait -on n’en doute pas- être partie prenante d’une politique ambitieuse en matière de déchets et d’environnement en général, mais les messages qu’elle reçoit sont contradictoires.

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