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Vie active - Alimentation
Moins de viande pour le climat et la santé
par Anne Thibaut - 5 janvier 2010

« On est foutu. On mange trop » chantait Souchon . Le simple fait de (mal) manger chez nous en Belgique a un poids conséquent en termes de gaz à effet de serre (GES) : quasi un tiers de nos GES proviennent en effet de l’alimentation...

Leur origine est multiple : utilisation d’intrants pour la production agricole, nourriture hyper-transformée et qui fait le tour du monde avant d’être consommée, aliments suremballés, stockés et réfrigérés, gaspillage et… surconsommation de viande. En 50 ans, la consommation de viande a doublé dans notre pays. Et l’empreinte carbone de nos paisibles ruminants est particulièrement lourde. Ainsi la production d’un kg de veau, de boeuf ou de mouton, même en utilisant des méthodes biologiques, rejettent respectivement environ 9,5 kg, 3,5 kg et 4,2 kg d’équivalent carbone. A titre de comparaison, rouler 100 km en voiture en produit 6 ! A l’origine notamment de ces chiffres impressionnants : la production de méthane, puissant GES contenu dans éructations et flatulences de nos bestiaux.

Le Bureau Fédéral du Plan a, dans un rapport paru en 2008, encouragé une diminution sensible de notre consommation de viande, afin de réaliser nos objectifs de développement durable. Rachendra Pachauri, qui préside le GIEC (groupe d’experts internationaux sur le climat) et a reçu en 2007, avec Al Gore, le prix Nobel de la Paix, partage ce souci et s’est mué en fervent porteur d’un “Please, eat less meat !’.
Ce message - auquel souscrit entièrement la Fédération Inter-Environnment Wallonie - s’adresse d’abord aux politiques qui doivent montrer l’exemple en sensibilisant les consommateurs et en proposant au quotidien des menus végétariens dans tous les restaurants de service public. Légiférer de manière à encourager d’autres formes plus durables d’élevages et de cultures est également nécessaire. Davantage de coordination entre les politiques sectorielles sont indispensables pour développer une politique commune orientée vers moins de consommation de viande. Encourager le secteur de l’horeca à proposer davantage de menus végétariens est également une piste.

Le message de Pachauri s’adresse aussi à chaque consommateur que nous sommes. Dès aujourd’hui, réduisons notre consommation de viande rouge et de charcuteries en la remplaçant par exemple une à deux fois par semaine par des légumineuses.

Notre santé ne pourra que s’en trouver améliorée puisque selon les spécialistes, manger trop de viande rouge peut entre-autre occasionner des troubles cardio-vasculaires voire des cancers de l’intestin.

Bon appétit !

Plus d’infos :
L’excellente synthèse de Lionel Delvaux, chargé de mission ruralité à Inter-Environnement Wallonie

Le site des Amis de la terre

Le site de Jean-Marc Jancovici