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Bayer dissimule ses dépenses de marketing
- 17 avril 2012

L’an dernier la firme Bayer a dépensé près de 9 milliards en publicité et commercialisation de ses produits. Ce chiffre inclut la totalité de la « zone grise » du marketing pharmaceutique : échantillons de médicaments, formation permanente des médecins, représentants pharmaceutiques, lobbys, etc. Pour la recherche, en revanche 2,9 milliards d’euros ont été jugés suffisants.

En 2011 Bayer a dépensé près de 9 milliards en publicité et commercialisation de ses produits. Bien que cette somme représente un quart du chiffre d’affaires de la firme, celle-ci refuse de détailler sa ventilation. Sur les 265 pages du rapport d’entreprise, huit lignes entières (!) sont consacrées à ce poste.

Selon Philipp Mimkes, de la Coordination contre les méfaits de Bayer (CBG), « Bayer refuse d’informer les actionnaires et le grand public sur ses dépenses marketing, ce qui ôte toute transparence à l’influence que la firme exerce sur les médecins, les politiciens et les associations professionnelles. » Lors de la dernière Assemblée générale, Mimkes avait réclamé un bordereau détaillé des dépenses consacrées à la publicité et au lobbying, demande rejetée par Marijn Dekkers, le grand chef de Bayer, au motif de prétendus « secrets d’entreprise ».

Ces milliards recouvrent toutes les dépenses de prise d’influence sur le public :
- Publicité dans les revues et journaux, à la télé et dans les médias électroniques ;
- Échantillons fournis aux médecins et établissements hospitaliers ;
- Dépenses en direction des groupes de lobbying ;
- Coût des représentants pharmaceutiques ;
- Études de résultats, qui le plus souvent restent au fond des tiroirs ;
- Donations à des sociétés médicales et à des lobbyistes ;
- Financement de la formation continue et des congrès de médecins.

En revanche Bayer n’a investi l’an dernier que 2,9 milliards dans la recherche. La firme a même fermé ses propres bureaux d’études, ce qui contredit la déclaration de Marijn Deckers lors de son entrée en fonctions : il devait « soutenir l’innovation ».

« Une fois de plus on constate que le prix élevé des médicaments n’est pas dû à la recherche, mais à des frais de marketing exorbitants », poursuit Mimkes. Et Jan Perke, du CGB, ajoute que « ces frais de marketing prouvent en outre que les nouveaux médicaments n’apportent pas d’effet supplémentaire justifiant leur emploi. Ces frais relèvent plutôt du grand nombre de produits analogues, contre lesquels ils se maintiennent au prix d’une énorme publicité. »

La Coordination contre les méfaits de Bayer a fait une contre-proposition à l’Assemblée générale de Bayer et le sujet sera débattu à la réunion du 27 avril. Le texte intégral de cette proposition se trouve sur le site de Bayer.

Internet représente pour Bayer un nouveau terrain de jeu pour son marketing. Comme il est interdit de faire de la publicité pour les médicaments délivrés sur ordonnance, ces sites se prétendent « informatifs ». www.pille.com, par exemple, bien que se présentant comme un « site de conseils » n’a qu’un but : élargir le marché des produits de la maison Bayer. Il en va de même pour www.testosteron.de , qui se consacre à montrer que le manque de testostérone est prétendument une maladie masculine et de proposer les médicaments appropriés. Or l’efficacité de la prise d’hormones pour remédier aux problèmes liés à l’âge n’est pas prouvée, et les risques à long terme d’un traitement par la testostérone ne sont pas suffisamment étudiés.

En outre, Bayer exerce un puissant lobbying en vue de culbuter l’interdiction européenne de la publicité pour les médicaments délivrés sur ordonnance, ce qui permettrait d’accroître le marketing sous couvert « d’information aux patients. »

Source : communiqué de presse de

Coordination contre les méfaits de Bayer sérieusement en danger

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