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OGM : l'EFSA rejette en l'état l'étude Séralini - Santé Environnement
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OGM : l’EFSA rejette en l’état l’étude Séralini
- 4 octobre 2012

L’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rejeté en l’état, jeudi 4 octobre, l’étude du chercheur Gilles-Eric Séralini sur la toxicité d’un maïs OGM de Monsanto, la jugeant « inadéquate » et « insuffisante », et lui a demandé de fournir davantage d’informations. Le chercheur français a aussitôt annoncé qu’il refusait de s’exécuter, une décision qui risque de sceller le sort de ses travaux.
L’avis des experts chargés par l’EFSA d’analyser l’étude est très sévère. « L’article est d’une qualité scientifique insuffisante pour être considéré valide pour l’évaluation des risques », ont-ils jugé. Et d’ajouter que « la conception, le système de rapport des données et l’analyse de l’étude, tels que présentés dans le document, sont inadéquats ». « Les nombreuses questions relatives à la conception et à la méthodologie de l’étude telles que décrites dans l’article impliquent qu’aucune conclusion ne peut être tirée au sujet de l’occurrence des tumeurs chez les rats testés », ont-ils conclu.

Sur l’EFSA, lire le cadrage : Nouveau conflit d’intérêts à l’Autorité européenne de sécurité alimentaire

UNE ANALYSE PLUS COMPLÈTE FIN OCTOBRE

L’EFSA a expliqué avoir « invité les auteurs à partager certaines informations additionnelles essentielles afin de lui permettre d’acquérir la compréhension la plus complète possible de l’étude ». « Lorsqu’on réalise une étude, il est essentiel de s’assurer qu’un cadre approprié soit mis en place. Si on a clairement défini ses objectifs et qu’on a établi une conception et une méthodologie appropriées, on constitue une base solide à partir de laquelle des données précises et des conclusions valides peuvent être générées », a expliqué Per Bergman, qui a dirigé les travaux de l’EFSA. « Sans ces éléments, il est peu probable qu’une étude se révèle fiable, valide et de bonne qualité », a-t-il soutenu.

L’EFSA prévoit de publier une « seconde analyse, plus complète, d’ici la fin octobre ». « Les auteurs de l’étude auront l’opportunité de fournir à l’Autorité la documentation sur laquelle ils se sont basés ainsi que les procédures relatives à leur étude afin que l’EFSA acquière la compréhension la plus complète possible de leurs travaux », a expliqué l’agence.

TUMEURS

Les recherches menées pendant deux ans par l’équipe de Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen, soutiennent que des rats nourris avec un maïs génétiquement modifié, le NK603, ont été frappés au bout de treize mois par des pathologies lourdes, notamment des tumeurs.

Ses conclusions, si elles étaient validées, remettraient en question tout le processus de validation des études démontrant l’inocuité des semences OGM et les procédures d’autorisation pour la culture et la consommation dans l’UE. Deux OGM – le maïs MON810 et la pomme de terre Amflora – sont actuellement cultivés dans l’UE et une cinquantaine d’autres, dont le NK603, ont obtenu une autorisation pour l’alimentation animale et humaine. En l’état, « l’EFSA considère qu’il n’est pas nécessaire qu’elle réexamine l’évaluation précédente réalisée sur la sécurité du maïs NK603 ».

« LES INTÉRÊTS DE L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE »

Lors de la publication de l’étude, le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé que si le danger des OGM était vérifié, la France « défendrait au niveau européen » leur interdiction. « Si des faits scientifiques nouveaux sont démontrés, nous en tirerons les conséquences », avait pour sa part assuré la Commission européenne.

L’avis rendu par l’EFSA a déjà relancé l’affrontement avec les anti-OGM. L’organisation les Amis de la Terre a accusé l’autorité européenne de « placer les intérêts de l’industrie agroalimentaire et des biotechnologies avant la sécurité des consommateurs ».

L’EFSA veut assurer sa décision finale. La Commission européenne souhaite qu’elle soit « inattaquable ». Le second examen inclura un résumé des évaluations réalisées par les Etats membres sur l’article, notamment les analyse menées en Allemagne et en France. L’Institut fédéral pour l’évaluation des risques en Allemagne (BfR) a déjà rendu lundi un avis négatif sur l’étude Séralini.

Source :lemonde.fr